histoire d'eau

Rappelle-toi : de tes longs doigts d’écume
Tu caressais les sables fins et blancs
Ta côte s’allongeait comme une jeune mariée
A l’aube de sa nouvelle vie
Puis, soudain, une voile blanche
Messager de l’autre rive
Remontait tes courbes à l’horizon, là où la vue se dérobe
Et où l’on ne peut que deviner.

Tu m’as permis un instant de ne pas te craindre
De ne pas fuir ton violent va et vient
Tes colères d’embruns, tes gifles verdâtres :
Les cris devenaient chuchotements
les explosions murmures.

Tu m’as dit : viens, je te veux en moi
Et lentement, tout lentement
Tu t’es donnée, ton corps immense
A enveloppé le mien –minuscule-
D’une rude douceur
Tu m’as pris dans mille bras
M’as entraîné dans une danse infernale
De roulis et de tangage
Sur les notes de ta houle
As-tu voulu que nous sombrions ensemble
Dans tes profondeurs.

Je me suis arraché, arraché de regrets
‘pas encore, pas encore’ t’ai je dit
Et tu m’as repoussé, recraché sur tes flancs
Abandonné, rejeté comme le fut jadis Jonas
Sonné mais conscient
Indigne de la mer.

© Copyright Frans Voogt

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Frans Voogt

Geplaatst op

26-12-2012

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Eauembruns